édition 2014 - 2015

La transatlantique des amateurs de 40 ans

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08 Février 2018

Stresser ou ne pas stresser ?

J – 2 … Ça frémit sur les pontons de la Transquadra – Martinique à Quinta do Lorde. Les grains commencent à s’espacer, mais le vent reste fort. Les bateaux sont sagement à quai. Ceux encore au sec ne vont pas tarder à s’amarrer à leurs côtés. Pour beaucoup de bizuths de la course, cette transat est aussi leur première traversée de l’Atlantique : les sourires sont là, mais pour certains, un stress, bien légitime, commence à pointer.

 

Les bras chargés de packs d’eau, un aérien à la main ou un sac à voile sous le bras, les quadrasailors arrivent au bout de leurs joblist. Demain, les plus prêts, ceux qui en ont besoin, profiteront d’une accalmie bienvenue pour aller enfin naviguer. Demain, la pression encore relativement légère ce jeudi, aura monté d’un cran.

 

Tout prévoir, ne rien oublier : est-ce possible ?

Le stress vient essentiellement, logiquement, de la casse potentielle. La préparation, l’anticipation et bien sûr l’expérience sont les meilleurs remèdes à ces possibles maux techniques : les bizuths comme les skippers expérimentés en ont bien conscience.

 

 

 

Patrick Baggio, skipper de Vari, en double avec Yann Jestin : « C’est notre première transat, j’avoue que je pensais dormir un peu mieux en cette période de pré-départ (rires) ! En fait, c’est comme en avion : tu as une check-list, et il ne faut rien oublier. Le moindre grain de sable peut vite provoquer des soucis en chaîne. »

Paolo Mangione skipper de Blu, en double avec Jean-Philippe Germain : « Ce n’est pas tant la traversée qui m’inquiète, car, j’avoue que comme je ne connais pas, je ne me rends pas compte, mais je sais que ça va être bien… Le stress vient de la préparation : j’ai l’impression que nous ne serons jamais prêts ! Le temps se rétréci… Mais c’est super ! C’est une aventure géniale ! » 

Denis Jacob et Bertrand Daniels (Edm Service) : « Ca va, on arrive encore à dormir (rires) ! La priorité est d’éviter la casse, le pépin qui pourrait gâcher toute l’aventure… il faut que tout se passe bien. »

 

L’humour de l‘expérience

Philippe Ribaud, skipper de Matmut ITS Groupe, avec cinq Transquadra à son actif, sourit… « On oublie toujours quelque chose, mais quoi ? Je le saurai quand je serai en mer ! »

Jacques Amedeo, skipper de Sephora Marine Pool en double avec Brice Tailliandier, avec, notamment, 7 participations à la Fastnet Race dans son sillage, s’amuse : « Nous serons prêts lorsque nous arriverons aux Antilles ! »

 

Bref, la préparation technique, l’angoisse de la casse sont au cœur des préoccupations de tous, l’expérience permet juste de l’exprimer avec humour !

 

Des milles anti-stress

Certains bizuths de la Transquadra s’appuient sur un long parcours maritime et/ou de régatier. Leur regard sur leur futur grand saut dans l’Atlantique devient alors une « régate » de 2700 milles (5000 km).

Adrien Follin et Gilles Debard sur Give me Five, excellents régatiers, novices au large : « Nous n’avons pas de stress par rapport à la transat en elle-même. Nous sommes plutôt concentrés sur la stratégie. Les routes toutes droites, ce n’est pas trop notre truc, on préfère lorsqu’il y a des coups tactiques à jouer… »

Alexandre Ozon, skipper de Team 2 choc (vainqueur de l’étape Lorient-Madère en solitaire) : « Gamin, j’ai beaucoup navigué au large avec mes parents. Là, c’est ma première transat en solitaire, en course, je ne vais pas prendre de risques, mais je n’ai pas de pression par rapport à la traversée. »

 

 

 

Patrick Paris, équipier d’Hervé Bihan-Poudec sur Eureka : « Je suis à l’aise au large, je fais des transats régulièrement, je régate de baie, mais je n’ai jamais transaté en course : associer les deux, ça va être génial, c’est ce qui m’intéresse ! On prépare ça depuis 3 ans… Il n’y a plus qu’à se faire plaisir ! »

 

Traverser l’Atlantique n’est jamais anodin. Tout peut arriver, « on oublie toujours quelque chose, mais quoi ? »… Alors, la seule façon de le savoir, c’est d’y aller !

 

Le coup d’envoi de la Transquadra – Martinique sera donné ce samedi 10 février à 15h au large de la marina de Quinta do Lorde, à Madère. Les premiers concurrents sont attendus en Martinique autour du 22 - 23 février.

 

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La flotte de la Transquadra – Martinique au départ de la 2e étape

85 partants* (147 marins dont 4 femmes)

25 solitaires (22 partis de Lorient – 3 de Barcelone sur la 1ère étape)

60 doubles (51 partis de Lorient – 9 de Barcelone sur la 1ère étape)

10 étrangers (4 Allemands, 1 Portugais, 2 Suisses, 1 Ukrainien, 1 Belge, 1 Franco-italien)

 

* 6 changements d'équipiers ont été notifiés :

Henri Lunven remplace Michel Robinault aux côtés d'Olivier Lunven sur Pour Ferdinand

Aymeric Belloir remplace David Forveille aux côtés d'Olivier Monin sur Yuzu

Jérôme Croyères remplace Patrice Carpentier aux côtés de Gilles Brétéché sur Groupe 5

Laurent Bezely remplace Nicolas Letullier aux côtés de Laurent Letulllier sur Water Boys

Antoine Cestari remplace Jean-François de Prémorel aux côtés de Thierry de Champsavin sur Ensemble Pour

Frédéric Abts remplace Gilles Thomas aux côtés de Philippe Cozic sur Croque le vent

 

Cinq abandons sont malheureusement à déplorer depuis la 1ère étape pour des raisons personnelles, professionnelles ou de santé.

Matthieu et François Coville sur TPC Ouest

Sacha Guinchard et Bruno Sinonnet Utopia II

Blandine Médecin et Jean Rodelato sur Williwaw

Jorge Mitjavila-Casanova et Esther Alarcon sur Dr Feelgood

La paire Amaury Eloy Bernard Tcherniavsky (Magic Toy), abandon sur la première étape, ne sera pas non plus de la traversée.

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