édition 2014 - 2015

La transatlantique des amateurs de 40 ans

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17 Juillet 2017

Tous en Atlantique

Le couple espagnol Esther Alarcon et Jorge Mitjavila (A 35 Dr Feelgood) vient de sortir du détroit de Gibraltar. Les 94 bateaux de cette Transquadra – Martinique tracent tous, pour le moment, en route directe vers Madère, sous spi, à 9 – 10 nœuds : le bonheur…

 

Les 14 concurrents méditerranéens devraient bénéficier de ces belles conditions jusqu’à Madère où les premiers sont attendus mercredi matin. Une belle récompense après les quelques molles de la Grande Bleue et, surtout, la sortie rock n’roll du détroit.

 

En Atlantique en revanche, le jeu ne fait que commencer. Cette douce entrée en matière aura permis aux concurrents d’entrer dans leur course tranquillement avant d’attaquer dans le dur de cette étape : la négociation d’un front qui arrive dès ce soir sur la flotte et, surtout, l’approche du cap Finisterre à anticiper. Intérieur ou extérieur du DST ? « C’est une question de timing, si on arrive à aller assez vite, on passera à l’extérieur ce sera plus simple… », résumait hier, Yann Dube (Ofcet 32 Ad Nantes) équipier de Vincent Zaleman.

De fait, la flotte Atlantique n’a pas mis longtemps à entrer dans le match, à 7 – 8 nœuds toute la nuit, sur la route. Ce matin, à la faveur d’une bascule de la brise du nord au nord-est, les speedos flirtent avec les 10 nœuds. Course contre la montre avec la dépression…

 

Route Lorient pour Sébastien Pejoan

Une autre course contre le temps vient de s’engager en revanche pour le solitaire Sébastien Pejoan (Bongo 9,60 An Askell) un souci de safran l’a contraint à faire demi-tour. Il fait route vers Lorient pour tenter de réparer. Bon courage à lui.

 

 

Côté classement

En Atlantique, en solitaire, Jean-Pierre Kelbert (JPK 10.80 3DDI) en tête dès le départ a creusé son avance  (8,4 milles) sur Louis-Marie Dussere (JPK 10.10 Raging Be) qui a gagné 3 places depuis hier soir… Hervé Chataigner (Pogo 30 Pilou) est 3e devant  Jean-François Hamon (JPK 10.10 Pour Aster) et Frédéric Couture (Sun Fast 3600 Be Happy) : ces trois-là se tiennent en 0,6 milles. Le top 6 en 10 milles.

La flotte est plus compacte chez les doubles avec 5 bateaux en 5,5 milles. François René Carluer et Gwenael Roth (JPK 10.80 Agence directe 3,9%) mènent la danse devant François Valraud et Daniel Peponnet (JPK 10.80 Bouznik’) et Olivier Burgaud et Louis Lagadec (JPK 10.80 LS Résa).

 

En Méditerranée, Frank Loubaresse et Matthieu Foulquier (Sun Fast 3600 Twinl) ont allongé la foulée depuis leur entrée en Atlantique il y a 24h. Ils ont ce matin 20 milles d’avance sur Eric Gilbert et Walden Bonpaix (Sun Fast 3200 Flash). Le duo corse Arnaud Vuillemin/Grégoire Bezie (JPK 10.10 Jubilations Corse) ne sont qu’à 5 milles… Ce classement ne tient cependant pas compte du positionnement du couple Blandine et Jean Médecin (Sun Fast 3200 WIlliwaw), leur balise n’émet plus depuis hier matin.

En solitaire, Eric Thomas (Pogo 30 Big Z) a pris la tête du trio, il devance Bertrand Gassier (Pogo 30 Pleine Lune) de 23 milles. Frédéric Ponsenard (A35 Coco), après avoir longé les côtes espagnoles, a décidé d’explorer les côtes marocaines.

 

 

Témoignages des gibraltariens, extraits…

Flash : « un vent de 35 nœuds se lève. Pas de soucis, on est au courant... on est chaud, bien qu'un peu entamé par la nuit précédente. On prépare le spi lourd.

Et là, commence la séquence dans laquelle nous nous trouvons encore à 1h31 TU pour encore quelques heures. La mer est forte, les surfs nombreux, le record de vitesse de Flash est battu par Walden. C’est chaud, mais ça passe. »

 

Chenapan 3 : « Les chenapans, rois de la bulle, se sont fait éjecter du détroit de Gibraltar comme si Eole et Neptune avaient décidé que la mare c'était fini : 34nd après nos nuits sous les étoiles paisibles et nos journées sous  le cagnard (il manquait les cigales)! 

Les chenapans ont pris cher GV haute et génois lourd après avoir affalé le spi 1 car à 27nd ca tendait… mais GV haute et génois lourd avec 34nd c'était trop ambitieux sur un A35r : ça a fait vrac ! Bonne réparation de voile et configuration plus sage GV haute ORC : ça déboule en père peinard. »

 

Jubilations Corse : « ça y est Gibraltar est franchi. Comme promis, ce détroit se mérite. Vent très fort, courants violents, mer démontée, tout y était. Heureusement pour nous nous l'avons passé avec du Levante et un courant faible. On fait des photos, on trinque au café. 

On n'imaginait pas ce qui allait venir. Par prudence, passé les 20nds, nous avons changé de spi pour un spi lourd. Heureusement, car rapidement le vent est monté : 25 puis 30 et plus en rafale. Toutes voiles dehors et plein cul, le bateau s'envole. Le JPK 10,10 adore ces conditions, nous sommes au planning, les vitesses sur mer plate sont entre 11 et 15nds, ça décoiffe, le bateau vibre, je Jubile à la barre…

Tout à coup, la mer se met à bouillir. Le vent contre le courant provoque des montagnes d'eau impressionnantes. Mais Jubilations surfe de vague en vague. J'ai une énorme banane en barrant dans ces conditions. Le bateau est joueur, une vraie planche à voile. Mais le passage entre les DST et la terre est étroit et il est nécessaire de faire des empannages.

J'envoie Greg à l'avant harnaché. Le premier empannage se passe bien, même si Greg a du déployer des efforts énormes pour manœuvrer le tangon dans ces conditions. Un 2ème un peu olé olé. Puis un troisième qui ne se passe pas bien du tout. Greg a du mal à libérer une mâchoire de tangon sur le bras, il s'y reprend à 3 reprises. Entre temps, plein cul, à la barre et aux écoutes, je tente de stabiliser le spi et le bateau, mais la manœuvre est trop longue, le bateau chahuté par le fort clapot, roule fortement dans 30nds de vents. Ce qui devait arriver arriva : départ au lof. Dans 30 nds de travers, le spi bat bruyamment et risque de tout arracher. Le bateau est couché. Les safrans sont hors de l'eau, le bateau n'est plus manœuvrable. On choque tout : écoute de GV puis écoute spi, rien à faire, le bateau reste couché. « On affale ! ». On libère la drisse, petit à petit, le bateau se redresse et peut à nouveau faire route vent arrière.

On affale en vrac dans le carré. Greg est HS, il s'est fait mal à la main dans la manœuvre, mais rien de grave. Surtout une grosse frayeur.

« On renvoie le code 5 ». Greg me fait signe de patienter, il est grogui. Ok, on range le bateau et on attend le prochain empannage pour envoyer le spi de brise. 10min sous GV seul, dans 30 nds on continue d’avancer à 8/9 nds.

Mais on est en course, alors on se remotive et on y va : empannage de la GV et envoi, tribord amure, du code 5. On gardera cette amure probablement jusqu'à Madère. Sous code 5, le bateau est beaucoup plus stable que sous grand spi. Le vent monte encore et la mer se forme. Nous partons dans des délires de surfs endiablés. Nous atteignons 18,6 nds de vitesse max dans un surf : c’est génial. »

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